Journal du Festival

Bienvenue lecteur.e. Bienvenue auteur.e.,

Tu trouves ici quelques billets d’humeur, des témoignages, des commentaires qui vont de l’hagiographie idolâtre à la féroce invective. Nous modérerons les propos à minima. N’y sont point tolérées les injures; les écarts personnifiés ou essentialisés; les propos sexistes, racistes et menaçants. L’humour, la|(l’auto)-dérision y sont encouragés.

Nulla dies sine linea. L’assertion a évolué depuis Pline l’Ancien qui lui attribuait le trait peint ou dessiné. Sartre en a converti le sens: « J’écris toujours. Que faire d’autre? Nulla dies sine linea », in: »Les Mots ». Des mots, nous en jouerons ensemble. Poèmes, billets et chroniques ou bien entendus, des clichés! Tu puis les déposer ici. biblio@autistici.org

“Nous finissons toujours par avoir le visage de nos vérités.” Alors pense à ce que tu vas rédiger. Et l’on cite Albert Camus, parce sa pensée libertaire nous habite plus que celle de Jean-Paul Sartre.


02.07.2017: J-0

L’autogestion à vingt. Ou plus. De vingt à cinquante ans. Toujours. Réunions dégenrées, (les filles sont aux commandes de coordination). Tous y est horizontal et personne ne vote. La décision par consensus y règne. Ce sont en amont du festival, des mois de réunions hebdomadaires. Parfois fastidieuses certes. Mais souvent, si souvent intenses et fertiles. Rigolotes et vivifiantes.

Des gens rencontrent des gens. Échangent et deviennent ami.e.s ou pas. Des expériences sont partagées, des compétences mises en commun. Point de salariat dans les parages. Et c’est la 7ème année reconduite. Laboratoire de Sociologie Expérimentale, pour le moins.

A l’aune de cette édition, voici un pont gigantesque qui est bâtis. Gambie-Pâquis. Un quartier, ici, dont les sommes sont incalculables tellement les ressources sont pléthore. Ses populations sont invitées à rejoindre et participer à Chatô-Bruyant. Qui n’est pas un festival. Pas seulement. Et en vis-à-vis, La Gambie. Et des projets solidaires et concrets, menés par nos partenaires amicaux: www.swissgamsolidarity.org et Njaba Kunda.

Mais de tout ceci nous allons parler dès le mardi 04 juillet. Alors.., à tantôt.

 


Les mots ici rédigés sont la libre expression de gens qui les forment. La Comète modère les propos et n’entend pas publier injures ou attaques personnelles. Ceci dit, les billets restent strictement sous la responsabilité de leurs auteur.e.s, dont l’on encourage les discours critiques, anti-autoritaires en privilégiant pourquoi pas le trait humoristique. A vos plumes, petit.e.s apaches!

 


textes à envoyer à biblio[@]autistici.org


 
 

LETTRE 1|05 Juillet 2017

Que de fourmis qui travaillent (même si l’on sait le fourvoiement de ce mythe sur lequel l’on reviendra), façonnent et finissent sans en avoir l’air de fabriquer l’écrin précieux du festival.

Il suffit que toutes ces bonnes volontés croisent un peu d’auto-organisation et quelques altruismes pour que surgissent des terres arides de l’administration, des déserts culturels, par culture l’on entend les imbrications, les partages sans compter ni calculer.

Il suffit que l’on n’ostracise ni ne dédaigne les saillies culturelles réellement populaires. « Il faut bien que du bas montent les vérités et la justice puisque d’en haut ne pleuvent que les coercitions, les renvois et les punitions ».[*]

Chatô-Bruyant. Gratuit, socio-culturel et solidaire. Déjà s’installent les moment d’échanges et de solidarité. En compagnie de Njaba Kunda, de Swiss Gam(bia) Solidarity. De Vibracion, musique cubaine à l’aune de la fête nationale américaine du 04 juillet. De la musique brésilienne, Moïse Mozes trio, pour dire comment l’on peut, l’on doit reprendre les rues. Michel Temer[**] excave le Brésil et le livre aux séides de la finance.

Ici, aussi dérisoire qu’on voudra nous l’assigner. Ici tou.te.s ensemble l’on répond par la solidarité sans frontière et la culture critique et conviviale. Par l’utopie concrète et libertaire.

Ici les gens s’expriment librement à la radio. Ici les gens chinent, emportent ou donnent au Free-Shop (magasin gratuit). Ici les gens colorent le sol, participent aux ateliers et quoi encore…

C’est gratuit. Non. C’est Gratuit. Un « G » majuscule s’impose lorsque par gratuité l’on entend le don sans contrepartie. Le don pour le don. Bien au-delà des contingences financières et de l’obsession de posséder. Ici naît une utopie. Ici naît un espoir et naît une réalité. Ici, le début d’un autre monde est possible!

k.

[*]librement inspiré de la citation de Louise Michel, une pote anarchiste.

[**]Président du Brésil, terriblement emblématique des nouveaux caciques merdaillons menés au pouvoir.

 


 

LETTRE 2|09 Juillet 2017

Un peu par confusion du genre, et nous sommes à l’aune de grandes confusions inédites. La place de Chateaubriand, intitulée à l’auteur des «Mémoires d’outre tombe.» François-René, Vicomte de Châteaubriand, ministre et ambassadeur. Écrivain.

Par confusion ou paresse d’esprit, la place devint celle du Château. Puis celle du Château-Bruyant, accostée aux enfants qui s’y ébattent et y vocifèrent. La place ainsi empiriquement désignée lieu de passage, de jeux, une anfractuosité qui permet la rencontre informelle dans un quartier qui en manque mais qui s’en dote.

L’on ne revient pas aux temps échus où ces lieux furent autrement attribués. La maison connue désormais comme ChâteauBruyant, désormais assignée aux activités des néo-scolaires fut en son temps le siège de la Maison aux Officiers. On peut saluer la ré-attribution qui n’allait pas de soit. Conquête civile et sociale rare. Mais revenons à nos ouailles.

Le festival Chatô-Bruyant, sur la place de Chateaubriand. L’iconographie locale apocryphe contient des châteaux, des cours et des donjons, des licornes sont récemment apparues. Des fées et des chevaliers et quoi encore comme sornettes jetées en pâture. A contrario, rationnellement; notre posture résistante revendique les détrônements, les abdications, les découronnements. Qui sait, peut-être pire encore.

Non pas que l’on exhorte aux régicides. C’est symboliquement que l’on démet la couronne. Toutes en fait. Celle-là qui au secret de volets clos porte les coups et/ou les injures. Celle-ci qui, séide d’un dispositif organisé, promeut et disqualifie. Humilie ou récompense. Dans un ordre semble-t-il irrévocable.

«Je dégentrifie. Tu dégentrifies, il dégentrifie ; nous vivrons heureu.x.ses!»

Les Pâquis sont un lieux expérimentalde l’ordre nouveau, transparent et hygiénique. Pour le pire des ses habitant.e.s. Par chance la résistance y est vive. SURVAP (Survivre aux Pâquis-www.survap.ch) veille et acte. Dans l’héritage de groupement d’habitant.e.s céans et pour la postérité des suivant.e.s

Caméras et réseaux de surveillance démultipliées, enjeux immobiliers et pression par la gentrification galopante, telles sont parmi les assauts menés. Les médias de masse s’en font les hérauts serviles en relayant rumeurs et alertes frelatées. Quartier décrié, cours des miracles, refuge de la canailles ; le cloaque aux miasmes nocives.

L’on tord le cou à ces impostures. L’on trace la marque de la résistance. Fini les reculades. Et Oyez manant.e.s des Pâquis, et bonnes âmes qui y errez ; ici n’ont plus cours médisances, rumeurs ni calomnies. Résister c’est donner du sens. Simultanément aux actes. A Chatô-Bruyant. L’on déconstruit par ce néologisme volontairement naïf les idées reçues et les rôles assignés.

Nous choisissons notre grammaire et notre faconde. Nos pas ne sont ni dictés ni biaisés. Nous reprenons nos affaires en main. Avec toi.

 


Chatô-Bruyant dans Le Courrier du 13 juillet